Díaz-Canel face à la contestation : de la rhétorique belliciste à l'ouverture
De la « guerre de tout le peuple » au dialogue « sans pressions » avec Washington, le discours de Díaz-Canel oscille au rythme d'une crise existentielle.

À retenir
- En avril 2026, Díaz-Canel brandit la doctrine de la « guerre de tout le peuple » et jure de « ne pas décevoir » si l'île est agressée ; deux mois plus tôt, il proposait un dialogue « sans pressions » à Washington.
- Cette oscillation rhétorique épouse une crise qui n'a plus rien de conjoncturel : effondrements répétés du réseau électrique, dollar à 600 pesos, tourisme en chute de 56 %, exode de plus d'un million d'habitants depuis 2021.
- La capture de Nicolás Maduro par les forces américaines en janvier 2026, qui a coûté la vie à trente-deux Cubains, a privé La Havane de son parrain pétrolier et exposé la fragilité de son appareil sécuritaire.
- Le pouvoir oppose le récit du « blocus » au récit critique d'un modèle à bout de souffle, là où économistes et opposition voient surtout l'échec de la planification centralisée.
- Premier dirigeant sans légitimité de maquis, Díaz-Canel cherche une porte de sortie sans renier la « continuité » dont il s'est fait le héraut.
Le 5 février 2026, devant la presse, Miguel Díaz-Canel tend la main : Cuba, dit-il, est disposée à un dialogue avec les États-Unis « sur n’importe quel sujet », à une seule condition — « sans pressions, sans conditions préalables, sur un pied d’égalité ».1 Dix semaines plus tard, le même homme change d’octave. À la tribune du Ve Colloque international Patria, dans le quartier du Vedado, il convoque la doctrine de la « guerre de tout le peuple » et avertit que si l’« empire » impose le conflit à l’île, celle-ci « n’en a pas peur » et « ne se rendra pas ».2 Entre la main tendue et le poing levé, deux mois à peine. Cette oscillation n’est pas une contradiction de communicant : elle est la signature d’un pouvoir acculé, qui cherche simultanément un répit et un cri de ralliement.
Cette doctrine de la « guerre de tout le peuple » n’est pas une trouvaille de circonstance. Forgée dans les années 1980 par Fidel et Raúl Castro face à la menace d’une intervention américaine, elle assigne à chaque citoyen un poste, une mission, une arme, et fait du territoire tout entier un champ de résistance. La réactiver en 2026 revient à puiser dans le répertoire le plus ancien de la révolution — celui de la nation assiégée. Mais l’invoquer aujourd’hui, alors que l’île manque de carburant pour ses centrales et de devises pour ses importations, révèle aussi son revers : la mobilisation patriotique est devenue, pour un pouvoir à court de ressources matérielles, l’une des dernières monnaies dont il dispose encore en abondance. C’est cette tension — entre la grandeur du verbe et l’étroitesse des moyens — que la suite de cette analyse s’attache à décortiquer.
Une parole présidentielle prise en étau
Le grand écart rhétorique de Díaz-Canel se lit d’abord à la lumière de ce qui s’est joué début janvier 2026. En quelques heures, une opération américaine s’est emparée de Nicolás Maduro à Caracas, le transférant à New York pour y être jugé. La Havane a reconnu la perte de trente-deux de ses ressortissants — militaires et personnels du ministère de l’Intérieur affectés à la sécurité du dirigeant vénézuélien.3 Pour Cuba, le choc est double. Symbolique : l’allié bolivarien, partenaire idéologique depuis Chávez, tombe sans qu’un coup de feu cubain n’y change rien. Vital : le robinet pétrolier vénézuélien, qui maintenait l’île à flot depuis vingt ans, se ferme net. La chute de Caracas a aussi exposé, en creux, la dépendance de l’île vis-à-vis d’alliés extérieurs — un théâtre régional où l’influence russe et l’influence chinoise ne compensent ni le pétrole vénézuélien perdu ni le poids des sanctions américaines.
Díaz-Canel a immédiatement qualifié l’attaque de « criminelle » et juré de ne pas laisser tomber l’alliance bolivarienne sans réagir.3 La parole martiale qui culmine en avril s’enracine donc dans ce traumatisme de janvier. Mais c’est aussi à partir de janvier que se sont noués, en coulisses, les premiers contacts avec Washington : le 13 mars, le président confirme publiquement que des responsables cubains ont parlé à des représentants du gouvernement américain pour « identifier les problèmes bilatéraux » et chercher des « domaines de coopération », le vice-ministre Carlos Fernández de Cossío excluant toutefois d’emblée toute discussion sur un changement de régime.4 Le même événement nourrit ainsi les deux registres — la résistance affichée et l’ouverture discrète.
L’effondrement énergétique, matrice de la crise
Pour comprendre pourquoi La Havane en est réduite à ce balancier, il faut descendre dans le noir. Depuis la mi-2024, l’île vit la pire crise électrique de son histoire. Le réseau, vétuste, ne couvre plus la moitié de la demande ; huit des seize unités thermoélectriques étaient hors service au printemps 2026, par avarie ou maintenance.5 Les coupures atteignent dix-huit à vingt heures par jour dans de larges portions du territoire. Surtout, le pays a connu des effondrements totaux à répétition : après ceux d’octobre et décembre 2024, le réseau s’est écroulé à plusieurs reprises au premier semestre 2026, jusqu’à la panne de la mi-mai qui a plongé les provinces orientales dans l’obscurité.6
Le facteur déclenchant de 2026 est limpide : les importations de pétrole sont tombées à pratiquement zéro en janvier, pour la première fois depuis 2015, après l’arrêt des livraisons vénézuéliennes et la suspension d’exportations mexicaines.6 La remise en état du système exigerait, selon des estimations indépendantes, entre huit et dix milliards de dollars — une somme hors de portée d’un État exsangue.5 L’électricité n’est pas ici un dossier technique parmi d’autres : c’est la matrice de tout, de l’eau courante à la conservation des aliments, du moral collectif au calcul politique du Palais de la Révolution.
Une économie en chute libre, une population qui s’en va
Le reste suit la même pente. L’économie cubaine s’est contractée d’environ 5 % en 2025 et accuse un recul cumulé supérieur à 15 % depuis 2020 ; les projections pour 2026 tablent sur une nouvelle baisse.7 Le peso s’effondre : sur le marché informel suivi par le média indépendant El Toque — référence faute de taux officiel crédible —, le dollar a franchi la barre des 600 pesos le 3 juin 2026, record absolu, contre 510 trois mois plus tôt.8 L’inflation ronge les salaires, la pénurie est devenue le quotidien : files d’attente pour le pain, rationnement, marché noir généralisé.
Le tourisme, longtemps présenté comme la planche de salut, sombre : entre janvier et avril 2026, l’île n’a accueilli que 328 000 visiteurs, soit près de 56 % de moins qu’un an plus tôt, son plus bas niveau en treize ans — loin des 4,2 millions de 2019.9 L’occupation hôtelière est tombée à 21 %, laissant désœuvrés des dizaines de milliers de travailleurs du secteur. Quant à la population, elle vote avec ses pieds : plus d’un million de départs depuis 2021 ont ramené le nombre d’habitants sous la barre des 9,8 millions fin 2024, selon les chiffres officiels eux-mêmes, tandis que les estimations indépendantes vont bien au-delà.10 Une saignée démographique d’ampleur de guerre, dans un pays qui n’est officiellement pas en guerre — et dont une part croissante de la jeunesse ne voit plus d’avenir qu’au-delà du détroit de Floride.
Le « blocus » contre l’« échec du modèle » : deux récits irréconciliables
Sur les causes, deux récits s’affrontent, et Díaz-Canel a clairement choisi son camp. Pour le pouvoir, la responsable est désignée : la « guerre économique » menée depuis des décennies par Washington. L’organe du Parti, Granma, martèle que les États-Unis « tentent depuis des décennies de dévaster le pays par une guerre économique », et le ministère cubain des Affaires étrangères a dénoncé le décret américain du 1er mai 2026 comme un durcissement « extrême et sans précédent » du blocus, venu s’ajouter au « siège énergétique » de janvier.11 Ce cadrage a sa cohérence et trouve même des relais aux États-Unis : le Congressional Black Caucus s’est ému de l’impact humanitaire du « blocus pétrolier ».
Le récit critique renverse la perspective. Pour l’économiste Carmelo Mesa-Lago, figure de référence des études cubaines, « le système de planification centralisée a échoué partout dans le monde » ; les réformes engagées sous Raúl Castro étaient « bien orientées » mais « trop lentes » et « truffées d’obstacles ».12 L’embargo aggrave, mais ne crée pas : la sous-capitalisation chronique du secteur électrique, géré intégralement par l’État depuis 1959, précède de loin les sanctions de 2026.5 Entre ces deux lectures, le citoyen cubain, lui, subit la conjonction des deux : un étranglement extérieur réel et une gestion intérieure défaillante. Le contraste est cruel avec d’autres trajectoires latino-américaines — du Brésil en quête de leadership régional à un Mexique pragmatique —, où l’on a appris à composer avec le voisin du Nord sans s’y consumer.
La rue gronde, le pouvoir réprime et négocie
La doctrine de la « guerre de tout le peuple » a beau viser l’ennemi extérieur, le vrai front est intérieur. Le mécontentement ne se cache plus. Les observatoires de la société civile recensent désormais plusieurs milliers de manifestations et de prises de parole publiques par an, en hausse continue depuis l’effondrement énergétique de 2024.13 Coupures, pénuries, dégradation des conditions de vie : les cacerolazos et les rassemblements spontanés réveillent le souvenir du 11 juillet 2021, ces protestations massives au cri de « patria y vida » dont des centaines d’acteurs demeurent emprisonnés.13
La réponse du régime conjugue deux réflexes. La répression d’abord : Human Rights Watch documente détentions arbitraires, procès expéditifs et harcèlement systématique des voix critiques.13 La concession ensuite : au printemps 2026, La Havane a procédé à des libérations de prisonniers, geste à double détente, humanitaire dans l’affichage, tactique dans l’usage. C’est le même balancier qu’au plan diplomatique. Le pouvoir mobilise par la peur de l’agression et lâche du lest pour desserrer l’étau — sans jamais concéder l’essentiel, c’est-à-dire la question du système lui-même. La même logique vaut au-dehors : sur le dossier vénézuélien, La Havane mise désormais sur des médiations régionales, comme celles que recherche la diplomatie brésilienne face à la crise vénézuélienne, plutôt que sur la seule confrontation.
Washington serre la vis et raille la rhétorique
En face, l’administration américaine ne tend aucune main. Réintégrée dès janvier 2025 sur la liste des États soutenant le terrorisme, dont l’avait brièvement retirée Joe Biden, Cuba subit une campagne de « pression maximale ». Le décret 14404 du 1er mai 2026 autorise des sanctions sectorielles élargies et des mesures secondaires contre les institutions financières étrangères ; dès le 7 mai, le Département d’État a désigné ses premières cibles, dont le conglomérat militaire GAESA, pilier économique de l’armée.14 Le secrétaire d’État Marco Rubio, fils d’exilés cubains, présente l’île comme l’un des principaux soutiens du terrorisme dans la région et impute la ruine du pays à la gestion du régime lui-même.
Face à la rhétorique martiale de La Havane, Washington affiche le dédain : Rubio a balayé la « narration guerrière » de Díaz-Canel d’un « je ne pense pas beaucoup à ce qu’il a à dire ».15 Le message est clair : pour l’administration américaine, le rapport de force est tel qu’il n’y a rien à négocier d’égal à égal — exactement ce que la formule cubaine « sur un pied d’égalité » cherche, en vain, à imposer comme préalable. C’est tout le paradoxe de la séquence : plus La Havane offre le dialogue, plus Washington, sentant l’adversaire à terre, durcit ses exigences.
Un dirigeant sans maquis, en quête de porte de sortie
Tout converge vers une donnée structurelle : Miguel Díaz-Canel est le premier dirigeant cubain dépourvu de la légitimité du maquis. Arrivé à la tête de l’État en avril 2018, premier secrétaire du Parti depuis 2021, l’ingénieur né en 1960 a fait de la « continuité » de la révolution son mot d’ordre, refusant l’idée même de rupture. Mais cette continuité s’exerce sans le capital symbolique des Castro, sans réseaux d’influence comparables, sans les ressources d’un parrain vénézuélien désormais à terre. Lui-même reconnaît traverser un moment « complexe ».1 Le 9e Congrès du Parti, tenu en avril 2026, devait en principe le reconduire à la tête de l’appareil pour cinq années supplémentaires — une longévité formelle qui contraste avec l’érosion bien réelle de son autorité.
C’est cette précarité qui éclaire le balancier du discours. La « guerre de tout le peuple » offre un récit héroïque qui soude l’appareil et déplace la colère vers l’extérieur ; l’ouverture « sans conditions » entrouvre une issue économique sans avouer la défaite. Les deux registres ne se contredisent qu’en apparence : ils servent le même objectif de survie. Reste une inconnue brutale — la rue, le peso et le réseau électrique n’attendent pas la rhétorique. Tant que les coupures dureront vingt heures et que le dollar grimpera, aucune formule, fût-elle martiale ou conciliante, ne suffira à éteindre la contestation. Díaz-Canel parle à deux publics à la fois ; il n’est pas certain que l’un ou l’autre l’écoute encore.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Qu'a réellement dit Díaz-Canel sur la « guerre de tout le peuple » ?
Lors du Ve Colloque international Patria, à La Havane mi-avril 2026, le président a réactivé cette doctrine défensive héritée des années 1980 et déclaré que si l'« empire » imposait la guerre à Cuba, l'île n'en aurait pas peur et ne se rendrait pas. Dans un entretien à Newsweek début avril, il avait résumé la posture : Cuba « ne craint pas la guerre, mais mérite la paix ».
Cuba propose-t-elle vraiment de négocier avec Washington ?
Oui. Le 5 février 2026, Díaz-Canel s'est dit prêt à un dialogue « sur n'importe quel sujet », mais « sans pressions, sans conditions préalables, sur un pied d'égalité ». Le 13 mars, il a confirmé l'existence de contacts avec des représentants américains. Le vice-ministre Carlos Fernández de Cossío a précisé que La Havane refuserait toutefois d'aborder un changement de régime.
Pourquoi le discours présidentiel oscille-t-il ainsi ?
Les deux registres répondent à la même contrainte : une crise économique et énergétique sans précédent, aggravée par la perte du pétrole vénézuélien et le durcissement des sanctions américaines. Le registre martial mobilise et légitime ; l'ouverture cherche un répit. L'un et l'autre visent la survie d'un pouvoir privé de la légitimité historique des Castro.
Quel rôle a joué la chute de Maduro dans l'évolution du discours ?
La capture du président vénézuélien par les forces américaines début janvier 2026, qui a coûté la vie à 32 Cubains présents sur place, a brutalement coupé l'approvisionnement pétrolier dont dépendait l'île et exposé la fragilité de son appareil sécuritaire. Cet électrochoc a nourri à la fois la rhétorique de résistance et la recherche discrète d'une issue négociée.
La responsabilité de la crise revient-elle au « blocus » américain ?
Pour La Havane, oui : Granma et la diplomatie cubaine imputent l'aggravation au « siège énergétique » décrété par Washington début 2026. Pour la plupart des économistes, dont Carmelo Mesa-Lago, l'embargo aggrave une crise dont la cause première est l'épuisement d'un modèle de planification centralisée et des réformes trop lentes. Les deux lectures coexistent dans le débat public.
Sources
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CNN en Español, « Díaz-Canel dice que Cuba está dispuesta a diálogo con EE.UU. “sin presiones”; reconoce que la isla vive momento “complejo” », CNN, 5 février 2026. https://cnnespanol.cnn.com/2026/02/05/latinoamerica/diaz-canel-cuba-dispuesta-dialogo-eeuu-sin-presiones-orix ↩ ↩2
-
La Jornada, « Frente a la nueva embestida de EU, no defraudaremos al pueblo: Díaz-Canel », La Jornada, 18 avril 2026. https://www.jornada.com.mx/2026/04/18/mundo/018n1mun ↩
-
CNN en Español, « La confirmación de un secreto a voces: quiénes eran los 32 cubanos que murieron en la captura de Maduro », CNN, 5 janvier 2026. https://cnnespanol.cnn.com/2026/01/05/venezuela/32-cubanos-muertos-captura-maduro-orix ↩ ↩2
-
CNN en Español, « Díaz-Canel confirma diálogos con Estados Unidos sobre el embargo a Cuba », CNN, 13 mars 2026. https://cnnespanol.cnn.com/2026/03/13/latinoamerica/diaz-canel-cuba-conferencia-dialogo-eeuu-orix ↩
-
CiberCuba, « Crisis eléctrica pone a Cuba al borde del colapso: déficit de casi 2.000 MW », CiberCuba, 7 mars 2026. https://en.cibercuba.com/noticias/2026-03-07-u1-e43231-s27061-nid322436-crisis-electrica-pone-cuba-al-borde-colapso-deficit ↩ ↩2 ↩3
-
NPR, « Cuba’s power grid collapses and plunges eastern provinces into a major blackout », NPR, 14 mai 2026. https://www.npr.org/2026/05/14/nx-s1-5822583/cuba-blackout ↩ ↩2
-
Infobae, « Crisis en Cuba: la economía se hundió un 5% en 2025 y acumula una caída del 15% desde 2020 », Infobae, 10 février 2026. https://www.infobae.com/america/america-latina/2026/02/10/crisis-en-cuba-la-economia-se-hundio-un-5-en-2025-y-acumula-una-caida-del-15-desde-2020/ ↩
-
CiberCuba, « Nuevo máximo histórico: el dólar alcanza los 600 pesos en Cuba », CiberCuba, 3 juin 2026. https://www.cibercuba.com/noticias/2026-06-03-u1-e135253-s27061-nid331044-nuevo-maximo-historico-dolar-alcanza-600-pesos-cuba ↩
-
Infobae, « El turismo a Cuba cayó más del 55% en 2026 y crece la presión contra el régimen por la crisis humanitaria en la isla », Infobae, 23 mai 2026. https://www.infobae.com/america/america-latina/2026/05/23/el-turismo-a-cuba-cayo-mas-del-55-en-2026-y-crece-la-presion-contra-el-regimen-por-la-crisis-humanitaria-en-la-isla/ ↩
-
CiberCuba, « La población de Cuba se reduce a ocho millones, según un estudio », CiberCuba, 26 mars 2025. https://en.cibercuba.com/noticias/2025-03-26-u1-e43231-s27061-nid299621-poblacion-cuba-reduce-ocho-millones-segun-estudio ↩
-
Granma, « Estados Unidos “lleva décadas tratando de devastar al país con una guerra económica” », Granma (organe du Parti communiste de Cuba), 5 mai 2026. https://www.granma.cu/mundo/2026-05-05/estados-unidos-lleva-decadas-tratando-de-devastar-al-pais-con-una-guerra-economica-05-05-2026-11-05-40 ↩
-
CubaNet, « “La Cuba de hoy es una catástrofe”: Carmelo Mesa-Lago analiza la peor crisis económica de la Isla », CubaNet, 2026. https://www.cubanet.org/la-cuba-de-hoy-es-una-catastrofe-carmelo-mesa-lago-analiza-la-peor-crisis-economica-de-la-isla/ ↩
-
Human Rights Watch, « Informe Mundial 2026 : Tendencias de los derechos en Cuba », Human Rights Watch, 2026. https://www.hrw.org/es/world-report/2026/country-chapters/cuba ↩ ↩2 ↩3
-
U.S. Department of State, « U.S. Sanctions Target Cuba’s Military Regime, Elites », U.S. Department of State, 7 mai 2026. https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/05/u-s-sanctions-target-cubas-military-regime-elites/ ↩
-
Diario de Cuba, « Rubio minimiza la narrativa bélica de Díaz-Canel: “no pienso mucho en lo que tiene que decir” », Diario de Cuba, 2026. https://diariodecuba.com/cuba/1775631505_66308.html ↩
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