Vendredi 5 juin 2026 · Analyse stratégique indépendante
ISS
Institut des Sciences Stratégiques
Géopolitique · Défense · Prospective
728 analyses publiées
Fil d'actualité
Partager𝕏in
Géopolitique & États · Rwanda

Sanctions américaines contre l'armée rwandaise : Washington frappe son allié

En mars 2026, le Trésor américain a sanctionné l'armée rwandaise et quatre généraux pour leur soutien au M23 en RDC, malgré les accords de paix de Washington.

Par ISS5 juin 2026Lecture 10 min
Carte de l'est de la République démocratique du Congo montrant Goma, Bukavu et la frontière avec le Rwanda, zone des opérations du M23.
Carte de l'est de la République démocratique du Congo montrant Goma, Bukavu et la frontière avec le Rwanda, zone des opérations du M23. (Image d'illustration IA © ISS 2026)

À retenir

  1. Le 2 mars 2026, le Trésor américain a sanctionné les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs généraux pour leur « soutien opérationnel direct » au M23 dans l'est de la RDC.
  2. La mesure tombe trois mois après les accords de paix signés à la Maison-Blanche — et juste après la prise de la ville d'Uvira par le M23, que Washington qualifie de « violation flagrante ».
  3. Une première salve, en février 2025, avait déjà visé le ministre rwandais James Kabarebe et un porte-parole du M23.
  4. Kinshasa salue « un signal fort » pour sa souveraineté ; Kigali dénonce des sanctions « injustes » qui « déforment les faits » et invoque la menace des FDLR.
  5. L'enjeu de fond reste minier : un groupe d'experts de l'ONU décrit un pillage du coltan congolais « à un niveau sans précédent ».

Trois mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la photographie de la réconciliation vire à la sanction. Le 4 décembre 2025, Donald Trump réunit à la Maison-Blanche les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame pour la signature solennelle des « accords de Washington pour la paix et la prospérité », célébrés comme une victoire diplomatique1. Le 2 mars 2026, le département du Trésor américain frappe l’armée du second invité de ce sommet : les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs généraux sont placées sous sanctions pour leur « soutien opérationnel direct » à une rébellion qui ravage l’est de la République démocratique du Congo2. Rarement Washington aura ainsi sanctionné, en si peu de temps, un partenaire qu’il venait de mettre en scène comme artisan de paix.

Ce que disent précisément les sanctions

Il faut être précis sur la cible, car l’attribution est ici l’enjeu central. La mesure du 2 mars 2026, prise par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), vise l’institution même des RDF — l’armée nationale rwandaise — et quatre officiers supérieurs. Le Trésor nomme Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre ; Ruki Karusisi, major-général et commandant de la 5e division d’infanterie, ancien chef des forces spéciales ; Mubarakh Muganga, chef d’état-major de la défense ; et Stanislas Gashugi, commandant des forces spéciales2. Concrètement, leurs avoirs sous juridiction américaine sont gelés et toute transaction avec des personnes américaines leur est interdite, une licence générale autorisant la liquidation des relations existantes jusqu’au 1ᵉʳ avril 20263.

Le motif officiel ne souffre aucune ambiguïté de langage. Selon le Trésor, les RDF « soutiennent activement, entraînent et combattent aux côtés » du Mouvement du 23 mars (M23), groupe armé sous sanctions américaines et onusiennes, « responsable de violations des droits humains et d’une crise de déplacement de masse » en RDC. L’armée rwandaise aurait épaulé le M23 dans la conquête de territoires, dont les capitales provinciales Goma et Bukavu, « ainsi que des sites miniers stratégiques »2. Pour la diplomatie américaine, les gains de la rébellion n’auraient « pas été possibles sans le soutien rwandais »4.

Ce n’était pas un coup d’essai. Dès le 20 février 2025, l’OFAC avait visé James Kabarebe, ministre rwandais d’État chargé de l’intégration régionale et ancien chef de l’armée, décrit comme l’« officier de liaison » du gouvernement rwandais auprès du M23 et l’orchestrateur du soutien des RDF — y compris la captation des revenus tirés des ressources minières congolaises5. La même salve frappait Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23 et de l’Alliance Fleuve Congo, ainsi que deux sociétés enregistrées au Royaume-Uni et en France5.

La goutte d’Uvira

Le calendrier éclaire tout. La première vague, en février 2025, sanctionnait une offensive éclair : fin janvier, le M23 et les RDF s’étaient emparés de Goma, capitale du Nord-Kivu, au prix de combats meurtriers ; le 16 février, Bukavu tombait à son tour, presque sans résistance5. Puis vint la séquence diplomatique : un accord de paix initié à Washington le 27 juin 2025, prolongé par un sommet présidentiel le 4 décembre1. Les deux capitales y réaffirmaient leur engagement à cesser les hostilités, le Rwanda promettant de mettre fin à son soutien au M23, Kinshasa s’engageant à « neutraliser » les milices hutu1.

L’encre du sommet de décembre était à peine sèche que le M23 s’emparait d’Uvira, ville stratégique de la frontière congolo-burundaise. Pour Washington, cette prise constituait une « violation flagrante » des accords2. C’est elle qui a déclenché la sanction de mars. Le mouvement s’est ensuite retiré d’Uvira sous pression américaine, mais il tient toujours Goma et Bukavu4. La logique des sanctions est donc punitive et démonstrative : il s’agit de signifier qu’un accord signé à la Maison-Blanche n’est pas un chiffon de papier.

Le nœud minier

Derrière la géographie militaire, il y a une géographie des ressources. L’est de la RDC est l’un des sous-sols les plus convoités de la planète — coltan, or, étain, cobalt, lithium —, matières premières des téléphones et de la transition énergétique. C’est là que le récit de la « légitime défense » rwandaise se heurte à un faisceau d’accusations documentées.

Le plus accablant émane d’un groupe d’experts de l’ONU. Dans un rapport remis au Conseil de sécurité en juillet 2025, ces experts estiment que 3 000 à 6 000 soldats rwandais opèrent aux côtés du M23, qui prendrait ses « instructions » des services rwandais6. Surtout, ils décrivent une contrebande de minerais congolais vers le Rwanda « à un niveau sans précédent » : depuis sa prise de la mine de Rubaya, dans le Nord-Kivu, le M23 tirerait au moins 800 000 dollars par mois de la taxation d’environ 120 tonnes mensuelles de coltan6. Et les experts vont plus loin sur l’intention : les opérations des RDF, écrivent-ils, ne visaient pas d’abord à « neutraliser les FDLR » ou à parer une menace existentielle, mais à « conquérir des territoires supplémentaires »7. Le Washington Post, citant ce rapport, parle de minerais de conflit qui s’écoulent vers le marché mondial via Kigali7.

Le paradoxe est saisissant : les accords de Washington ouvrent précisément ces réserves de cobalt, de cuivre, de lithium et de tantale aux entreprises américaines, via un « cadre d’intégration économique régionale »1. D’où la critique de plusieurs ONG, telle l’Oakland Institute, pour qui des sanctions purement « symboliques » ne sauraient suffire tant que le Rwanda et son « proxy » continuent d’occuper des territoires miniers8. Cette imbrication du minerai et de la guerre n’a rien d’isolé : elle s’inscrit dans une compétition continentale plus large pour les ressources stratégiques, où se croisent les intérêts occidentaux, l’influence russe en Afrique et les stratégies internationales déployées pour contenir l’instabilité des conflits africains.

La riposte de Kigali : « on déforme les faits »

Face à l’accusation, le Rwanda a choisi le registre du déni indigné. La porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, a dénoncé des sanctions qui ciblent « injustement » le Rwanda et « déforment la réalité » du conflit dans l’est de la RDC4. Kigali retourne l’accusation de violation : c’est Kinshasa, selon Makolo, qui aurait rompu l’accord en menant des frappes de drones « indiscriminées » et des offensives terrestres. Le Rwanda affirme rester « pleinement engagé » dans le désengagement de ses forces, mais en « tandem » avec le respect par la RDC de ses propres obligations — au premier rang desquelles la fin de tout soutien aux milices4.

C’est là le cœur de l’argumentaire rwandais : les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), milice formée par des restes des auteurs du génocide des Tutsi de 1994 et que Kigali accuse Kinshasa d’instrumentaliser. Présenté ainsi, l’engagement des RDF devient une défense de la frontière et de la survie nationale. Le 6 mars 2026, Paul Kagame a tranché devant des diplomates : c’est « un titre de gloire », a-t-il lancé, que les RDF continuent de remplir leur mandat constitutionnel « quelle que soit la pression extérieure »9.

Cette ligne se déploie pleinement dans les médias proches du pouvoir. Le quotidien The New Times, dont la ligne épouse celle de Kigali, est allé jusqu’à publier une tribune intitulée « Les RDF, une armée du peuple méritant un prix Nobel de la paix, pas des sanctions », créditant l’armée d’avoir garanti le « plus jamais ça » là où l’ONU avait échoué10. Le registre est ici clairement militant : il s’agit de transformer l’accusé en héros. À l’opposé du spectre, le ministère rwandais des Affaires étrangères a multiplié les communiqués imputant les « violations du cessez-le-feu » aux armées congolaise et burundaise11 — récit officiel d’un État sans presse libre, qu’il faut lire comme tel.

Kinshasa savoure une « validation »

À Kinshasa, la sanction a été reçue comme une consécration. Le gouvernement congolais y a vu « un signal fort en faveur du respect » de son intégrité territoriale et de sa souveraineté4. Le ton est triomphal : à la mi-mars, le ministre congolais du Commerce a affirmé sur les réseaux sociaux que les sanctions « renforcent la position diplomatique de Kinshasa », ses accusations d’agression rwandaise étant désormais « officiellement validées »12.

La RDC interprète son partenariat croissant avec Washington — et cette « victoire diplomatique » — comme un appui à sa cause. Mais c’est une lecture à manier avec prudence. Les États-Unis n’ont pas pris parti dans une guerre : ils ont sanctionné des violations d’un accord qu’ils parrainent, et ils ont aussi visé, dans la foulée, l’ancien président congolais Joseph Kabila pour ses liens présumés avec le conflit armé13. L’objectif déclaré reste la mise en œuvre des accords, pas la défaite d’un camp. La nuance échappe rarement aux chancelleries, mais elle se perd vite dans les communiqués de victoire.

Une diplomatie en équilibre instable

Reste la question qui intrigue les analystes : pourquoi Washington frappe-t-il un partenaire réputé proche, à rebours de l’alignement supposé du Rwanda sur la doctrine « America First » ? La réponse tient sans doute à la crédibilité. Un accord arraché par la Maison-Blanche perd toute valeur s’il peut être violé sans coût ; sanctionner, c’est protéger l’investissement diplomatique — et minier — américain dans la région.

Or les processus se sont empilés sans toujours s’emboîter. En parallèle de la voie de Washington, le Qatar a parrainé à Doha une « déclaration de principes » entre la RDC et le M23 le 19 juillet 2025, puis un accord-cadre le 15 novembre, prévoyant huit protocoles à négocier un à un14. Sur le terrain, pourtant, la guerre n’a pas cessé : l’International Crisis Group note que la pression diplomatique, notamment américaine et qatarienne, a « freiné les projets expansionnistes » du M23 « à des moments clés », sans les arrêter15. Février 2026 a même connu un record de frappes de drones, signe que le cessez-le-feu reste théorique4.

Le signal à surveiller est double. D’un côté, l’efficacité réelle de sanctions qui touchent une institution militaire dont les avoirs aux États-Unis sont limités — d’où le reproche de gestes « symboliques ». De l’autre, la capacité de Washington à tenir une ligne exigeante envers les deux capitales sans saper l’accord qu’il a lui-même promu. Comme ailleurs en Afrique subsaharienne en 2026, la paix se mesurera moins aux cérémonies qu’aux retraits vérifiés sur le terrain. Et l’on sait, de l’exemple d’autres armées passées au crible des sanctions — qu’il s’agisse de l’industrie de défense russe ou du rapport d’une nation à son outil militaire, comme dans le cas des Forces de défense israéliennes —, qu’une mesure financière ne change un comportement que si elle s’accompagne d’une volonté politique durable. À Kigali comme à Kinshasa, la prochaine ville prise ou rendue en dira plus long que tous les communiqués.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qui les États-Unis ont-ils sanctionné exactement ?

Deux vagues. En février 2025, le ministre rwandais James Kabarebe et le porte-parole du M23 Lawrence Kanyuka. Puis, le 2 mars 2026, l'institution des Forces de défense rwandaises (RDF) elle-même et quatre généraux, dont le chef d'état-major de l'armée de terre Vincent Nyakarundi, pour soutien opérationnel au M23.

Que reproche Washington au Rwanda ?

Le Trésor américain accuse l'armée rwandaise d'entraîner, d'armer et de combattre aux côtés du M23, groupe sous sanctions de l'ONU, qui a pris Goma, Bukavu puis Uvira dans l'est de la RDC. Il y voit une violation directe des accords de paix signés à Washington en décembre 2025.

Comment le Rwanda se défend-il ?

Kigali juge les sanctions « injustes » et estime qu'elles « déforment les faits ». Le Rwanda invoque la menace des FDLR, milice liée à des auteurs du génocide de 1994 et soutenue selon lui par Kinshasa, et présente l'action de son armée comme une défense légitime de sa frontière et de sa sécurité.

Quel est le rôle des minerais dans ce conflit ?

Central. L'est de la RDC regorge de coltan, d'or, de cobalt et d'étain. Un groupe d'experts de l'ONU décrit en 2025 une contrebande de minerais congolais vers le Rwanda « à un niveau sans précédent », le M23 tirant des centaines de milliers de dollars par mois de la seule mine de coltan de Rubaya.

Pourquoi ces sanctions sont-elles surprenantes ?

Parce qu'elles frappent un partenaire de longue date des États-Unis, à rebours de l'alignement supposé du Rwanda sur la doctrine « America First ». Elles interviennent en outre alors que Washington venait de parrainer un accord de paix présenté par Donald Trump comme une réussite diplomatique majeure.

ISS
Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

Sources

  1. U.S. Department of State, « Signing of the Washington Accords for Peace and Prosperity Between the Democratic Republic of the Congo and Rwanda », state.gov, décembre 2025. https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2025/12/signing-of-the-washington-accords-for-peace-and-prosperity-between-the-democratic-republic-of-the-congo-and-rwanda 2 3 4

  2. U.S. Department of the Treasury, « Treasury Sanctions Rwanda Officials, Condemns Blatant Violations of Washington Peace Accords », home.treasury.gov, 2 mars 2026. https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0411 2 3 4

  3. Cleary Gottlieb, « OFAC Sanctions Rwanda Defence Force and Senior Officials in Connection with DRC Conflict », Cleary Foreign Investment and International Trade Watch, mars 2026. https://www.clearytradewatch.com/2026/03/ofac-sanctions-rwanda-defence-force-and-senior-officials-in-connection-with-drc-conflict/

  4. Al Jazeera, « US sanctions Rwandan army and top officials for supporting M23 in DRC », Al Jazeera, 3 mars 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/3/3/us-sanctions-rwandan-army-and-top-officials-for-supporting-m23-in-drc 2 3 4 5 6

  5. U.S. Department of the Treasury, « Treasury Sanctions Rwandan Minister and Senior Militant for Conflict in the Democratic Republic of the Congo », home.treasury.gov, 20 février 2025. https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0022 2 3

  6. Swissinfo, « UN experts warn Congo’s conflict minerals slipping into global market », swissinfo.ch, juillet 2025. https://www.swissinfo.ch/eng/international-geneva/un-experts-warn-congos-conflict-minerals-slipping-into-global-market/89978793 2

  7. The Washington Post, « UN experts say Rwanda supported rebels in Congo and smuggled minerals at “unprecedented levels” », The Washington Post, 4 juillet 2025. https://www.washingtonpost.com/world/2025/07/04/rwanda-congo-coltan-rubaya-smuggling-m23-trump-minerals/ffea4590-58ef-11f0-b45b-dc9aeb848c03_story.html 2

  8. The Oakland Institute, « Peace in DRC Requires More than Symbolic US Sanctions on Rwanda », oaklandinstitute.org, mars 2026. https://www.oaklandinstitute.org/press-release/peace-drc-requires-more-symbolic-us-sanctions-rwanda

  9. The New Times, « RDF is a people’s army deserving a Nobel Peace Prize, not sanctions », The New Times, mars 2026. https://www.newtimes.co.rw/article/35672/opinions/rdf-is-a-peoples-army-deserving-a-nobel-peace-prize-not-sanctions

  10. The New Times, « RDF is a people’s army deserving a Nobel Peace Prize, not sanctions », The New Times, mars 2026. https://www.newtimes.co.rw/article/35672/opinions/rdf-is-a-peoples-army-deserving-a-nobel-peace-prize-not-sanctions/amp

  11. Ministère rwandais des Affaires étrangères, « Ceasefire Violation of Washington Accords by the DRC and Burundi Armies », minaffet.gov.rw, 2026. https://www.minaffet.gov.rw/updates/news-details/ceasefire-violation-of-washington-accords-by-the-drc-and-burundi-armies

  12. Critical Threats Project, « Challenges to Sustainable DRC-M23 Peace: Africa File Special Edition », criticalthreats.org, 2026. https://www.criticalthreats.org/analysis/challenges-to-sustainable-drc-m23-peace-africa-file-special-edition

  13. U.S. Department of the Treasury, « Treasury Sanctions Former Democratic Republic of the Congo President for Ties to Armed Conflict », home.treasury.gov, 2026. https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0480

  14. Al Jazeera, « DRC, Rwanda-backed M23 sign framework deal for peace after talks in Qatar », Al Jazeera, 15 novembre 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/11/15/drc-rwanda-backed-m23-sign-framework-deal-for-peace-after-talks-in-qatar

  15. International Crisis Group, « The M23 Offensive: Elusive Peace in the Great Lakes », International Crisis Group, rapport n°320, 2025. https://www.crisisgroup.org/rpt/africa/democratic-republic-congo-rwanda/320-m23-offensive-elusive-peace-great-lakes

La lettre de l'Institut

Recevez nos analyses chaque mercredi.

Une synthèse hebdomadaire des dynamiques géopolitiques, technologiques et de défense.

Adresse e-mail