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Les frappes américaines et israéliennes contre les Houthis

Des centaines de frappes américaines et israéliennes n'ont pas brisé un mouvement houthi enraciné. Décryptage d'une campagne aérienne aux résultats limités.

12 juin 2026Lecture 10 min
Carte de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb illustrant les frappes et les routes maritimes menacées par le mouvement houthi
Carte de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb illustrant les frappes et les routes maritimes menacées par le mouvement houthi (Image d'illustration IA © ISS2026)

À retenir

  1. Entre 2024 et 2025, États-Unis, Royaume-Uni puis Israël ont mené des centaines de frappes contre le mouvement houthi, sans parvenir à le faire renoncer durablement.
  2. L'opération américaine Rough Rider (mars-mai 2025) a aligné plus d'un millier de frappes en moins de deux mois avant de s'achever sur un cessez-le-feu négocié à Oman, limité aux navires américains.
  3. Une frappe israélienne sur Sanaa, fin août 2025, a tué le Premier ministre du gouvernement de fait, Ahmed al-Rahawi, et plusieurs ministres : un coup spectaculaire mais sans effet décisif sur la chaîne de commandement militaire.
  4. Enracinés dans les montagnes du nord du Yémen, dotés d'une logique de mouvement plus que d'État, les Houthis ont absorbé les frappes et continué de cibler la mer Rouge et Israël.
  5. Le cessez-le-feu à Gaza d'octobre 2025 a provoqué une accalmie maritime, mais Ansar Allah conserve l'arme du détroit de Bab el-Mandeb comme levier régional.

Fin août 2025, une frappe israélienne s’abat sur une villa de la périphérie sud de Sanaa. À l’intérieur, le gouvernement de fait du mouvement houthi tient un atelier d’évaluation. En quelques secondes, le Premier ministre Ahmed al-Rahawi et plusieurs de ses ministres sont tués. C’est, à ce jour, le plus haut responsable du mouvement éliminé depuis que le Yémen est entré, fin 2023, dans la guerre régionale ouverte par Gaza. Tel-Aviv triomphe ; Sanaa enterre ses morts par milliers, désigne sur-le-champ un successeur, et continue de tirer. Cette séquence résume à elle seule le paradoxe d’une campagne militaire engagée depuis dix-huit mois : des centaines de frappes américaines, britanniques et israéliennes ont frappé fort, mais n’ont pas brisé un adversaire profondément enraciné.

De Poseidon Archer à Rough Rider : l’escalade américaine

L’affrontement commence dans le sillage du 7-Octobre. Dès l’automne 2023, Ansar Allah — le nom officiel du mouvement houthi — ouvre un « front de soutien » à Gaza en visant le trafic maritime de la mer Rouge. Washington riposte. En janvier 2024, les États-Unis et le Royaume-Uni lancent l’opération Poseidon Archer, une campagne de frappes appuyée par une coalition élargie aux Pays-Bas, à Bahreïn et à l’Australie. Les premières salves alignent plus de cent cinquante munitions guidées sur une soixantaine de cibles1. Pendant un an, l’administration Biden mène une guerre d’attrition mesurée, contre des dépôts, des rampes de lancement et des radars.

Le changement d’échelle vient avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le 15 mars 2025, Washington déclenche l’opération Rough Rider, présentée comme une campagne décisive pour « rétablir la liberté de navigation » et restaurer la dissuasion. En une cinquantaine de jours, selon une évaluation publiée par le Combating Terrorism Center de West Point, l’armée américaine concentre plus d’un millier de frappes — porte-avions, bombardiers B-2, missiles de croisière mobilisés à plein régime — pour un coût supérieur au milliard de dollars2. Le ton est martial, les images spectaculaires. Mais l’objectif politique reste flou : dégrader, oui, mais jusqu’où, et pour obtenir quoi ?

Le cessez-le-feu d’Oman : portée limitée et accalmie fragile

La réponse tombe le 6 mai 2025. Au terme de cinquante-deux jours de bombardements, Washington annonce un cessez-le-feu négocié par la médiation omanaise. Selon les termes rendus publics par le ministère omanais des Affaires étrangères, « ni l’un ni l’autre des deux camps ne ciblera l’autre », assurant la liberté de navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb3. La Maison-Blanche y voit un succès. La réalité est plus ambiguë.

D’abord, l’accord ne couvre que les navires américains. Il ne mentionne pas Israël, que les Houthis n’ont jamais cessé de viser, ni la navigation commerciale dans son ensemble3. Ensuite, l’accalmie est de courte durée. Dès juillet 2025, l’accord se fissure : le mouvement reprend ses attaques contre des bâtiments qu’il juge liés à l’État hébreu. Plusieurs analystes occidentaux y lisent moins une pacification qu’un désengagement américain : Washington a obtenu la protection de ses propres navires et de ses pertes potentielles, mais a renoncé à l’objectif initial — neutraliser la menace houthie sur le commerce mondial. Pour le mouvement, c’est l’inverse : avoir contraint la première puissance militaire à composer est en soi une victoire de prestige, abondamment relayée par sa chaîne al-Masirah.

L’arme de la mer Rouge : du blocus aux navires coulés

Car c’est bien la mer Rouge qui constitue le centre de gravité du conflit. Le détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite une part majeure du commerce entre l’Asie et l’Europe, est devenu le théâtre d’une guerre d’usure maritime sans équivalent récent. Entre fin 2023 et l’automne 2025, l’ONU et les agences maritimes recensent plus d’une centaine d’attaques contre des navires marchands, touchant les intérêts de dizaines de pays.

Deux épisodes de juillet 2025 illustrent la létalité atteinte. Coup sur coup, le mouvement coule deux vraquiers, le Magic Seas puis l’Eternity C, faisant au moins quatre morts parmi les équipages et plusieurs disparus, certains marins étant capturés4. Le porte-parole militaire Yahya Saree revendique des « opérations qualitatives » menées par drones marins et missiles. Le département d’État américain dénonce des « attaques terroristes non provoquées »5. Surtout, Human Rights Watch examine les frappes et conclut qu’aucun des deux navires n’avait de lien établi avec Israël ni ne s’y rendait, qualifiant ces attaques d’« apparents crimes de guerre »6 — fissure béante dans la justification avancée par Sanaa. Cette dimension maritime, qui prolonge des enjeux plus larges de sécurité régionale, fait du Yémen un verrou stratégique que ni les frappes ni les escortes navales n’ont réussi à rouvrir durablement.

Les frappes israéliennes : ports, centrales et élimination de responsables

Parallèlement à Washington, Israël ouvre son propre théâtre yéménite. La logique est différente : non plus protéger une voie maritime, mais répondre directement aux missiles et drones tirés vers son territoire. Tout au long de l’été 2025, l’aviation et la marine israéliennes frappent les infrastructures du nord contrôlé par le mouvement : les ports de Hodeida, Ras Issa et Salif, par où transitent armes et carburant, ainsi que des centrales électriques comme celles de Ras Khatib et de Haziz, au sud de Sanaa7. Les images satellites montrent des installations portuaires éventrées ; la chaîne houthie al-Masirah décrit une ville de Hodeida plongée dans le noir8.

C’est dans cette campagne que s’inscrit la frappe du 28 août contre le cabinet houthi. Tel-Aviv revendique une opération de renseignement de grande ampleur ; la presse israélienne évoque la contribution de quelque deux cents agents pour localiser la réunion9. Le mouvement, lui, confirme la mort d’al-Rahawi et de plusieurs ministres deux jours plus tard, tout en affirmant qu’Israël a visé « des civils et le peuple yéménite » pour ses positions en faveur de Gaza10. Cette stratégie de « décapitation » — viser les hommes plutôt que seulement le matériel — relève d’un savoir-faire que cultivent de longue date les services de renseignement israéliens. Mais elle se heurte à une réalité structurelle : on a tué des ministres, pas des généraux.

Pourquoi les frappes ne « marchent » pas

C’est le cœur du paradoxe. Comment des milliers de frappes des armées les plus avancées du monde n’ont-elles pas plié un mouvement né dans les montagnes ? Plusieurs facteurs convergent.

Le premier est géographique. Le bastion houthi épouse les hauts plateaux des monts Sarawat, un relief de vallées profondes et de cavités naturelles qui offre une profondeur stratégique et un abri quasi idéal contre les bombardements aériens11. On y déplace les rampes, on y dissimule les stocks, on y disperse les commandements. Le deuxième est organisationnel : Ansar Allah fonctionne comme un mouvement plus que comme un État classique. La mort d’un Premier ministre — fonction largement administrative — n’entame pas la chaîne militaire ni l’autorité du chef du mouvement, Abdel-Malek al-Houthi, qui demeure hors d’atteinte. L’analyste relève d’ailleurs que tuer des ministres n’arrêtera pas le mouvement, faute de toucher l’appareil de combat12. Le troisième tient à la logique politique : chaque frappe nourrit un récit de victimisation et de résistance qui légitime le pouvoir houthi, lequel se pose en seul défenseur de la souveraineté yéménite et de la cause palestinienne.

À cette résilience s’ajoute un coût humain considérable. Les frappes israéliennes ont touché des infrastructures civiles et fait des dizaines de morts par vagues, journalistes et enfants compris selon l’ONU. Et le mouvement a aggravé une catastrophe humanitaire déjà parmi les pires au monde en multipliant les arrestations : fin 2025, plus de soixante-dix employés des Nations unies étaient détenus arbitrairement, accusés d’espionnage au profit de Washington et de Tel-Aviv, paralysant l’aide à des millions de Yéménites13.

Téhéran en retrait : un « axe de la résistance » qui se distend

Reste la question iranienne. Longtemps, les Houthis ont été décrits comme un maillon de l’« axe de la résistance » téhéranais, armés et conseillés par les Gardiens de la révolution — un soutien que l’Institut a déjà analysé au prisme de l’influence régionale de l’Iran. Le supreme guide iranien continue de saluer le mouvement comme « brave et fidèle », et al-Houthi met en scène une « Journée nationale de la fermeté » qui revendique l’appartenance à ce front.

Mais 2025 a rebattu les cartes. Plusieurs analyses font état d’un relâchement du lien : échaudés par l’abstention de Téhéran durant les frappes américaines du printemps, les Houthis auraient diversifié leurs approvisionnements et gagné en autonomie opérationnelle, au point que certains observateurs estiment qu’ils ne prennent plus systématiquement leurs ordres de l’Iran14. Le mouvement n’en demeure pas moins un acteur capable de peser sur l’ensemble régional — les tensions autour des frappes américaines visant l’Iran en 2026 l’ont rappelé, Sanaa brandissant la menace de fermer Bab el-Mandeb si un État du Golfe rejoignait la coalition anti-iranienne.

Une accalmie sous condition, pas une victoire

Depuis l’automne 2025, le canon s’est tu en mer Rouge. C’est le cessez-le-feu conclu à Gaza, le 8 octobre 2025, qui l’explique : ayant lié leur action au sort de l’enclave, les Houthis ont suspendu attaques maritimes et tirs vers Israël. Aucun incident maritime majeur n’a été enregistré depuis, et le Conseil de sécurité a prolongé en 2026 le mécanisme de suivi des attaques houthies15. Mais l’accalmie demeure conditionnelle, et révocable. Al-Houthi a prévenu qu’une « réponse militaire » suivrait toute reprise d’ampleur de la guerre régionale.

Le bilan de dix-huit mois de bombardements est donc clair, et inconfortable pour leurs auteurs. Les frappes américaines, britanniques et israéliennes ont dégradé des capacités, détruit des infrastructures, tué des cadres et coûté très cher — sans contraindre Ansar Allah à renoncer. Contre un mouvement enraciné dans son territoire et sa logique politique, la puissance aérienne a dégradé sans emporter de décision. Ce qui a interrompu les attaques maritimes, c’est le cessez-le-feu de Gaza d’octobre 2025 — un règlement politique externe. Tant que les questions de fond — le sort de Gaza, la légitimité interne du mouvement, les équilibres régionaux — resteront non résolues, les Houthis conserveront les moyens de fermer à nouveau le détroit de Bab el-Mandeb.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qui était Ahmed al-Rahawi, tué par une frappe israélienne en août 2025 ?

Ahmed al-Rahawi dirigeait depuis 2024 le gouvernement de fait installé par le mouvement houthi à Sanaa. Une frappe israélienne menée le 28 août 2025 l'a tué, avec plusieurs ministres, lors d'un atelier gouvernemental. Sa mort, confirmée par Ansar Allah le 30 août, en fait le plus haut responsable houthi éliminé depuis le début du conflit avec Israël. Son adjoint, Mohammed Ahmed Muftah, a été désigné pour le remplacer.

Les frappes américaines et israéliennes ont-elles arrêté les Houthis ?

Non, du moins pas par les armes seules. Les campagnes de bombardement ont dégradé des capacités et coûté cher au mouvement, mais ne l'ont pas fait renoncer. C'est le cessez-le-feu de Gaza, en octobre 2025, qui a entraîné l'arrêt des attaques maritimes, les Houthis ayant lié leur action au sort de Gaza. L'accalmie demeure conditionnelle.

Qu'est-ce que l'opération Rough Rider ?

Rough Rider désigne la campagne aérienne intensive lancée par Washington le 15 mars 2025 contre les Houthis, pour rétablir la liberté de navigation en mer Rouge. En une cinquantaine de jours, elle a aligné, selon une évaluation de West Point, plus d'un millier de frappes, avant de s'achever le 6 mai sur un cessez-le-feu négocié par Oman, limité aux seuls navires américains.

Pourquoi les Houthis attaquent-ils les navires en mer Rouge ?

Ansar Allah présente ses attaques comme un soutien à Gaza : le mouvement affirme viser les navires liés à Israël et promet d'arrêter quand cessera la guerre dans l'enclave. Des organisations comme Human Rights Watch ont toutefois relevé que plusieurs navires frappés n'avaient aucun lien établi avec Israël, qualifiant certaines attaques de possibles crimes de guerre.

Quel rôle joue l'Iran dans le soutien aux Houthis ?

Téhéran a longtemps armé et conseillé le mouvement, intégré à l'« axe de la résistance ». Mais en 2025, plusieurs analyses font état d'un relâchement : les Houthis auraient diversifié leurs approvisionnements et gagné en autonomie après que l'Iran s'est abstenu d'intervenir directement durant les frappes américaines. Le lien idéologique persiste, le commandement opérationnel s'est distendu.

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Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

Sources

  1. International Institute for Strategic Studies, « Operation Poseidon Archer: Assessing one year of strikes on Houthi targets », IISS Military Balance, mars 2025. https://www.iiss.org/online-analysis/military-balance/2025/03/operation-poseidon-archer-assessing-one-year-of-strikes-on-houthi-targets/

  2. Combating Terrorism Center at West Point, « Feature Commentary: An Assessment of Operation Rough Rider », CTC West Point, 2025. https://ctc.westpoint.edu/feature-commentary-an-assessment-of-operation-rough-rider/

  3. Foundation for Defense of Democracies, « President Trump announces ceasefire between US and Houthis », FDD, 7 mai 2025. https://www.fdd.org/analysis/op_eds/2025/05/07/president-trump-announces-ceasefire-between-us-and-houthis/ 2

  4. CNN, « Eternity C: 10 rescued, 3 killed and others ‘kidnapped’ after Houthis sink ship in second Red Sea attack in a week », CNN, juillet 2025. https://www.cnn.com/world/middleeast/eternity-c-houthi-rebels-red-sea-intl-hnk

  5. U.S. Department of State, « Condemning Recent Houthi Attacks on MV Magic Seas and MV Eternity C » (communiqué américain), state.gov, juillet 2025. https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2025/07/condemning-recent-houthi-attacks-on-mv-magic-seas-and-mv-eternity-c

  6. Human Rights Watch, « Yemen: Houthis’ Attacks on Cargo Ships Apparent War Crimes », HRW, 23 juillet 2025. https://www.hrw.org/news/2025/07/23/yemen-houthis-attacks-on-cargo-ships-apparent-war-crimes

  7. The National (Abou Dhabi), « Satellite images show extent of Israeli strikes on Yemeni ports held by Houthis », The National, 15 juillet 2025. https://www.thenationalnews.com/news/mena/2025/07/15/satellite-images-show-impact-of-israeli-strikes-on-yemeni-ports-held-by-houthi-rebels/

  8. Al Jazeera, « Israeli military bombs power plant near Yemeni capital Sanaa », Al Jazeera (citant la chaîne houthie al-Masirah), 17 août 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/8/17/israeli-military-bombs-power-plant-near-yemeni-capital-sanaa

  9. The Times of Israel, « Katz: Top Houthis ‘escaping Sanaa’ after IDF killed Yemeni terror group’s PM, ministers », Times of Israel, août 2025. https://www.timesofisrael.com/some-200-israeli-intel-personnel-said-to-have-contributed-to-strike-on-houthi-cabinet/

  10. Al Jazeera, « Yemen’s Houthis confirm prime minister killed in Israeli strike on Sanaa », Al Jazeera, 30 août 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/8/30/yemens-houthis-confirm-israeli-airstrike-killed-the-groups-prime-minister

  11. The Century Foundation, « From Smugglers to Supply Chains: How Yemen’s Houthi Movement Became a Global Threat », TCF, 2025. https://tcf.org/content/report/from-smugglers-to-supply-chains-how-yemens-houthi-movement-became-a-global-threat/

  12. DAWN, « Killing Ministers, Not Generals: Why Israel’s Strikes Won’t Stop the Houthis », Democracy for the Arab World Now, 2025. https://dawnmena.org/killing-ministers-not-generals-why-israels-strikes-wont-stop-the-houthis/

  13. Al Jazeera, « Houthis detain 10 more United Nations staff in Yemen, bringing total to 69 », Al Jazeera, 18 décembre 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/12/18/houthis-detain-10-more-united-nations-staff-in-yemen-bringing-total-to-69

  14. The Soufan Center, « The Diminished Strategic Value of Iran’s “Axis of Resistance” », The Soufan Center, 18 septembre 2025. https://thesoufancenter.org/intelbrief-2025-september-18/

  15. ONU, « Security Council, Adopting Resolution 2812 (2026), Extends Reporting on Houthi Attacks in Red Sea for Six Months », UN Meetings Coverage, 2026. https://press.un.org/en/2026/sc16274.doc.htm

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