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Immigration : l'abandon de la loi Rwanda et le virage travailliste

Après l'enterrement du dispositif Rwanda, le gouvernement travailliste durcit son discours sur l'immigration sous la pression de Reform UK. Récit d'un virage.

10 juin 2026Lecture 9 min
Une barque de migrants traverse la Manche au large des côtes anglaises, sous un ciel gris.
Une barque de migrants traverse la Manche au large des côtes anglaises, sous un ciel gris. (Image d'illustration IA © ISS2026)

À retenir

  1. Dès son premier jour au pouvoir, en juillet 2024, Keir Starmer enterre le dispositif d'expulsion vers le Rwanda, jugé « mort et enterré » et jamais dissuasif.
  2. Le programme aura coûté plus de 700 millions de livres sans expulser de force une seule personne ; seuls quatre départs, tous volontaires, ont eu lieu.
  3. Sous la poussée de Reform UK, premier parti dans les sondages, les travaillistes durcissent un discours qui leur vaut d'être comparés à l'extrême droite.
  4. Le gouvernement promet de réformer l'asile : délai de résidence allongé, droit au respect de la vie privée restreint, organe d'expulsion à la danoise.
  5. Les traversées de la Manche restent élevées (41 472 en 2025), même si l'immigration nette a presque été divisée par deux.

Le 6 juillet 2024, au lendemain d’une victoire électorale écrasante, Keir Starmer choisit sa première conférence de presse pour signer un acte de décès. Le dispositif d’expulsion des demandeurs d’asile vers le Rwanda, présenté pendant deux ans par les conservateurs comme l’arme décisive contre l’immigration irrégulière, est « mort et enterré avant même d’avoir commencé », tranche le nouveau Premier ministre. « Cela n’a jamais été un facteur de dissuasion. »1 Le verdict est cinglant. Il marque l’enterrement le plus rapide d’une politique phare dans l’histoire récente du pays. Mais il ouvre aussi, sans que Downing Street l’ait anticipé, deux années de surenchère où le parti travailliste se retrouvera à parler le langage de ses adversaires.

Un cimetière à 700 millions de livres

Le bilan du programme Rwanda tient en quelques chiffres accablants. Conçu en 2022 pour envoyer les arrivants clandestins se faire examiner à Kigali, le dispositif avait franchi un à un les obstacles juridiques, jusqu’à une loi votée au printemps 2024 déclarant le Rwanda « pays sûr ». Le gouvernement conservateur y avait englouti plus de 700 millions de livres avant les élections.1 Pour quel résultat ? Quatre personnes seulement avaient gagné le Rwanda, toutes volontairement, contre une indemnité de départ. Aucune expulsion forcée n’eut jamais lieu, aucun avion ne décolla.

En février 2025, le gouvernement abroge formellement la loi qui sous-tendait le mécanisme.2 Reste un contentieux financier : Kigali réclamait des sommes au titre des engagements rompus. Le différend est tranché en faveur de Londres par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, qui écarte une demande d’indemnisation pouvant atteindre 100 millions de livres et juge que le Royaume-Uni n’est pas redevable des coûts restants.3 Une économie symbolique, qui ne referme pas le débat de fond : le dispositif a-t-il échoué parce qu’il était mal conçu, ou parce qu’il n’a jamais été réellement appliqué ?

Le procès de la dissuasion qui n’a pas eu lieu

Sur ce point, les deux camps campent sur des récits inconciliables. La cheffe du gouvernement chargée de l’Intérieur, Yvette Cooper, résume la position travailliste d’une formule : « 84 000 personnes ont traversé la Manche entre le jour de la signature de l’accord et le jour de son abandon. » Autrement dit, « ce prétendu facteur de dissuasion n’a abouti à aucune expulsion ni empêché un seul bateau de traverser ».4 L’argument est imparable sur les faits ; il l’est moins sur la logique. Car les défenseurs conservateurs du programme rétorquent que la dissuasion ne pouvait jouer qu’une fois le mécanisme pleinement opérationnel — ce qu’il ne fut jamais. Selon des responsables qui ont travaillé sur le dossier et que cite la presse britannique, aucune évaluation du rapport coût-efficacité n’a pu être conduite, le dispositif ayant été démantelé avant le moindre test grandeur nature.5

Ce débat n’est pas qu’une querelle d’arrière-garde. Il pèse sur tout ce qui suit, parce qu’il pose la question que les travaillistes croyaient avoir réglée : si l’on renonce à expulser vers un pays tiers, par quoi remplace-t-on la menace ?

La Manche, toujours aussi fréquentée

La réponse de Downing Street fut d’abord administrative : démanteler les réseaux de passeurs, fluidifier le traitement des dossiers, négocier avec Paris. Les résultats se font attendre. En 2025, 41 472 personnes ont traversé la Manche à bord de petites embarcations — le deuxième total annuel le plus élevé jamais enregistré, en hausse de 13 % sur 2024. L’Érythrée est devenue le premier pays d’origine, avec plus du double des arrivées de l’année précédente.6 Ces traversées représentent environ 41 % de l’ensemble des demandes d’asile, une proportion stable depuis cinq ans.

Le coût budgétaire de l’accueil est devenu un argument politique en soi. En 2024-2025, le ministère de l’Intérieur a dépensé 4 milliards de livres pour l’hébergement des demandeurs d’asile, dont 2,1 milliards pour les seuls hôtels — soit près de 5,8 millions de livres par jour.7 Ces hôtels, devenus le symbole visible d’un système engorgé, ne logent qu’un tiers des personnes hébergées mais absorbent les trois quarts de la dépense. Sur l’année écoulée à juin 2025, plus de 111 000 personnes ont déposé une demande d’asile, un record depuis le début des relevés en 1979.8

Pour réduire les traversées, Londres a misé sur un nouvel accord avec Paris, entré en vigueur en août 2025. Le principe, baptisé « un pour un » dans la presse, autorise le Royaume-Uni à renvoyer en France une partie des arrivants en échange de l’accueil d’un nombre équivalent de migrants depuis le territoire français. Les premiers mois ont déçu : environ 200 personnes seulement ont été reconduites entre août et décembre, le gouvernement présentant l’accord comme un dispositif pilote appelé à monter en puissance.6

La poussée de Reform UK change la donne

Pendant ce temps, le paysage politique se recompose sous l’effet d’une force que ni les travaillistes ni les conservateurs n’avaient su contenir. Aux élections locales de mai 2026, le parti de Nigel Farage, Reform UK, a raflé plus de 1 300 sièges de conseillers, fait son entrée au Parlement écossais de Holyrood et à l’Assemblée galloise du Senedd, et franchi la barre des 30 % dans d’anciens bastions ouvriers travaillistes comme Sunderland ou Barnsley. Les travaillistes, eux, ont perdu plus de 1 400 sièges.9

La déroute se double d’une défaite dans la bataille de la crédibilité. Selon l’institut Ipsos, Reform UK demeurait au printemps 2026 le premier parti dans les intentions de vote, avec sept points d’avance sur les travaillistes et 27 % des suffrages.10 Surtout, sur le terrain de l’immigration, Nigel Farage est le responsable politique jugé le plus digne de confiance, loin devant ses rivaux, et son parti recueille les meilleurs taux de confiance pour rendre l’entrée irrégulière plus difficile.10 C’est cette domination thématique, plus que les sièges perdus, qui hante Downing Street : sur le sujet qui mobilise le plus les électeurs britanniques, le gouvernement court derrière un parti qu’il jugeait naguère infréquentable.

Quand le verbe travailliste se durcit

La pression s’est traduite par un glissement rhétorique qui a heurté jusque dans les rangs travaillistes. En mai 2025, en lançant un train de mesures sur l’immigration légale, Keir Starmer avertit que le pays risque de devenir « une île d’étrangers, et non une nation qui avance ensemble ».11 La formule fait scandale. Plusieurs élus de gauche y entendent l’écho du discours dit des « fleuves de sang » prononcé en 1968 par le conservateur Enoch Powell, qui imaginait une population blanche « rendue étrangère dans son propre pays ». L’ancien chancelier de l’Échiquier fantôme John McDonnell dénonce une formule qui « fait écho de manière choquante au langage clivant d’Enoch Powell », tandis que la doyenne travailliste Diane Abbott reproche au Premier ministre d’avoir parlé de l’immigration comme d’un « chapitre sordide ».11

Starmer commence par assumer et rejette toute comparaison avec Powell. Puis il recule. Quelques semaines plus tard, il confie regretter « profondément » la formule : « Je n’aurais pas employé ces mots si j’avais su qu’ils seraient interprétés comme un écho de Powell. Je n’en avais aucune idée, et mes plumes non plus. »12 L’aveu est rare pour un dirigeant en exercice. Il révèle l’inconfort d’un parti tiraillé entre la nécessité électorale de rassurer un électorat populaire inquiet et la fidélité à une tradition d’ouverture.

Une réforme de l’asile calquée sur Copenhague

Au discours a succédé l’action législative. En novembre 2025, la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, annonce une refonte d’un système qualifié par le gouvernement lui-même d’« hors de contrôle ». L’arsenal est dense. Le délai au terme duquel un réfugié peut prétendre à un titre de séjour permanent — aujourd’hui de cinq ans — pourrait être porté jusqu’à vingt ans pour ceux entrés par la voie de l’asile.13 Le droit au respect de la vie privée et familiale, inscrit à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et souvent invoqué pour bloquer les renvois, sera restreint aux seules personnes ayant de la famille proche sur le sol britannique.13 Les déboutés ne disposeront plus que d’un unique recours, et un organe indépendant inspiré du modèle danois sera créé pour accélérer l’expulsion des criminels dangereux.13

Ces choix dessinent une trajectoire : plutôt que de quitter la Convention européenne des droits de l’homme, comme le réclame la cheffe des conservateurs Kemi Badenoch, les travaillistes entendent en durcir l’application par le droit interne.13 Les juristes alertent sur la fragilité de l’édifice. Pour l’Institute for Government, restreindre l’article 8 par la loi exposera le gouvernement à des contentieux nourris et à des renvois devant les tribunaux, sans garantie d’efficacité.14 La référence danoise n’est pas anodine : elle signale l’inspiration d’une social-démocratie qui a, la première, assumé une ligne ferme sur l’immigration sans rompre avec l’Union européenne.

Le paradoxe d’une frontière qui se ferme à moitié

Reste un paradoxe qui résume tout le malaise britannique. Sur le plan des chiffres, la politique fonctionne — du moins pour l’immigration légale. L’immigration nette est tombée à 171 000 pour l’année écoulée à décembre 2025, presque la moitié des 331 000 estimés un an plus tôt, son plus bas niveau depuis 2021.15 La chute tient surtout au recul des arrivées de travailleurs extra-européens, conséquence des restrictions sur les visas de soins et du relèvement des seuils de salaire engagés sous les deux gouvernements successifs. Le nombre de visas de travailleur qualifié s’est effondré de 76 % par rapport à son pic de fin 2023.15

Mais l’opinion ne regarde pas les statistiques officielles : elle regarde les bateaux. Tant que des embarcations accosteront sur les plages du Kent sous l’œil des caméras, la perception d’une frontière poreuse l’emportera sur la réalité d’une immigration légale en net repli. C’est ce décalage qui rend la position travailliste si périlleuse. Le gouvernement a réussi à faire baisser les chiffres qui comptent le moins politiquement, et peine sur ceux qui comptent le plus symboliquement.

Cette équation n’est pas propre au Royaume-Uni. Partout en Europe, la migration s’est imposée comme un levier que des puissances extérieures n’hésitent pas à actionner : des États jouent des flux pour peser sur leurs voisins, à l’image des manœuvres documentées dans l’approche russe dans les Balkans ou de l’expansion de l’influence russe en Afrique, où le contrôle des routes migratoires devient une carte diplomatique. Dans un monde où des acteurs comme la Russie cherchent à fragiliser les démocraties — y compris en s’adaptant aux sanctions occidentales pour se maintenir, ou en testant la cohésion de pays tiers comme l’Inde tenue à son équilibre entre la Russie et l’Occident —, l’incapacité d’un grand pays à maîtriser ses frontières devient un enjeu qui dépasse la seule politique intérieure.

Le prochain test grandeur nature viendra de la cadence des traversées au printemps et de la première saison pleine de l’accord franco-britannique. Si les renvois vers la France restent symboliques et que les compteurs de la Manche repartent à la hausse, la tentation d’un nouveau « dispositif Rwanda » — sous un autre nom, peut-être vers un autre pays tiers — pourrait ressurgir. Non plus portée par les conservateurs, mais par un gouvernement travailliste acculé. L’histoire de la loi Rwanda rappelle que dans ce domaine, les dispositifs d’expulsion ont rarement produit les effets annoncés avant d’avoir été pleinement mis en œuvre — et celui-ci ne l’a jamais été.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Pourquoi le dispositif d'expulsion vers le Rwanda a-t-il été abandonné ?

Keir Starmer l'a enterré dès son arrivée au pouvoir, en juillet 2024, le jugeant inefficace et coûteux. Le programme avait absorbé plus de 700 millions de livres sans organiser une seule expulsion forcée. Quatre personnes seulement étaient parties au Rwanda, toutes volontairement.

Le dispositif Rwanda a-t-il vraiment dissuadé les traversées ?

Le débat reste vif. Les travaillistes affirment que 84 000 personnes ont traversé la Manche entre la signature de l'accord et son abandon, sans qu'une seule expulsion ait lieu. Les conservateurs rétorquent que le mécanisme n'a jamais été appliqué et n'a donc pas pu être réellement testé.

Qu'est-ce que la formule « île d'étrangers » de Keir Starmer ?

En mai 2025, le Premier ministre a averti que le pays risquait de devenir « une île d'étrangers » faute de maîtriser l'immigration. La formule, rapprochée du discours d'Enoch Powell en 1968, a provoqué la colère d'une partie de son camp. Starmer a fini par dire la regretter « profondément ».

Quel rôle joue Reform UK dans ce durcissement ?

Le parti de Nigel Farage est arrivé en tête des sondages et a remporté plus de 1 300 sièges aux élections locales de mai 2026. Considéré comme le plus crédible sur l'immigration, il pousse les travaillistes à durcir leur ligne pour endiguer la fuite de leur électorat populaire.

L'immigration au Royaume-Uni a-t-elle baissé ?

L'immigration nette légale a presque été divisée par deux, tombant à 171 000 pour l'année écoulée à décembre 2025. Mais les traversées clandestines de la Manche restent élevées, avec 41 472 arrivées en 2025. Ce décalage alimente le sentiment d'une frontière hors de contrôle.

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Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

Sources

  1. « Keir Starmer says scrapping UK’s Rwanda migrant deportation plan », Al Jazeera, 6 juillet 2024. https://www.aljazeera.com/news/2024/7/6/keir-starmer-says-scrapping-uks-rwanda-migrant-deportation-plan — voir aussi « New U.K. Prime Minister Starmer says controversial Rwanda deportation plan is ‘dead and buried’ », NBC News, 6 juillet 2024. https://www.nbcnews.com/news/world/uk-prime-minister-starmer-rwanda-deportation-rcna160531 2

  2. « Labour repeals act behind failed Rwanda scheme », Tortoise Media, 10 février 2025. https://www.tortoisemedia.com/2025/02/10/labour-repeals-act-behind-failed-rwanda-scheme

  3. « UK Avoids £100m Rwanda Payout In Major Blow To Failed Deportation Scheme », International Business Times UK, 2025. https://www.ibtimes.co.uk/uk-wins-legal-battle-rwanda-migrant-scheme-1800077

  4. « ‘Disgraceful’: Tories condemned for wasting £715m on sending no asylum seekers to Rwanda », The Big Issue, 2025. https://www.bigissue.com/news/tories-rwanda-plan-cost-asylum-seekers/

  5. « Labour’s taking flak on many fronts, so why is the Home Secretary dodging it when there’s plenty to attack? », Conservative Home, 1er avril 2025. https://conservativehome.com/2025/04/01/labours-taking-flak-on-many-fronts-so-why-is-the-home-secretary-dodging-it-when-theres-plenty-to-attack/

  6. « Second highest number of English Channel crossings by migrants recorded in 2025 », The National, 2 janvier 2026. https://www.thenationalnews.com/news/europe/2026/01/02/second-highest-number-of-english-channel-crossings-by-migrants-recorded-in-2025/ 2

  7. « Why does the UK government spend so much money on ‘asylum hotels’? », Migration Mobilities Bristol, 9 février 2026. https://migration.bristol.ac.uk/2026/02/09/why-does-the-uk-government-spend-so-much-money-on-asylum-hotels/

  8. « People crossing the English Channel in small boats », Migration Observatory, Université d’Oxford, 2026. https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/briefings/people-crossing-the-english-channel-in-small-boats/

  9. « Anti-immigration Reform UK makes sweeping gains in local elections, pressuring government on border policy », VisaHQ, 9 mai 2026. https://www.visahq.com/news/2026-05-09/gb/anti-immigration-reform-uk-makes-sweeping-gains-in-local-elections-pressuring-government-on-border-policy/

  10. « Reform hold 7-point lead over Labour — Ipsos poll », Ipsos, mai 2026. https://www.ipsos.com/en-uk/reform-hold-7-point-lead-over-labour-ipsos-poll — et « Reform UK and Farage most trusted on immigration as confidence in Labour and Conservatives falls », Ipsos, 2026. https://www.ipsos.com/en-uk/reform-uk-and-farage-most-trusted-immigration-confidence-labour-and-conservatives-falls 2

  11. « Keir Starmer rejects Enoch Powell comparison as Labour MPs fume over ‘island of strangers’ migration comment », GB News, mai 2025. https://www.gbnews.com/politics/keir-starmer-enoch-powell-labour-mps-migration-island-strangers 2

  12. « Keir Starmer ‘deeply’ regrets using ‘island of strangers’ phrase in immigration warning », LBC, 2025. https://www.lbc.co.uk/article/keir-starmer-deeply-regrets-island-strangers-speech-5Hjd6Pm_2/

  13. « Mahmood outlines reforms to ‘out of control’ asylum system amid Labour backlash », ITV News, 16 novembre 2025. https://www.itv.com/news/2025-11-16/uk-to-overhaul-human-rights-law-as-part-of-sweeping-asylum-reforms — et « UK’s sweeping asylum law changes: How will they impact refugees? », Al Jazeera, 17 novembre 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/11/17/uks-sweeping-asylum-law-changes-how-will-they-impact-refugees 2 3 4

  14. « What are the legal implications of Labour’s new asylum reforms? », Institute for Government, 2025. https://www.instituteforgovernment.org.uk/comment/legal-implications-labours-new-immigration-reforms

  15. « UK net migration nearly halves to 171,000 in year to December 2025, ONS says », Electronic Immigration Network, 21 mai 2026. https://www.ein.org.uk/news/uk-net-migration-nearly-halves-171000-year-december-2025-ons-says 2

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